Examining four funerary monuments in Senegal dating from the 10th to 13th centuries CE, this volume explores megalithic circles, stone tumuli and monumental earthen structures, revealing new insights into mortuary practices, architectural traditions and social change in medieval West Africa.
The megalithic landscapes of Senegal and Gambia preserve an extraordinary diversity of funerary monuments, reflecting complex architectural traditions and ritual practices during the medieval period. Building on the discoveries made at the UNESCO World Heritage site of Wanar, this volume presents the results of archaeological investigations undertaken between 2017 and 2022 at the necropolises of Thiékène-Boussoura and Soto in Senegal.
At Thiékène-Boussoura, excavations examined three distinct types of monument: a megalithic circle, a stone circle and a small stone tumulus. Although their surviving remains differ considerably, the investigations demonstrate that each originally formed part of a funerary house, constructed using different combinations of stone and earth. Dating principally from the 10th to 13th centuries CE, these structures provide new evidence for architectural techniques, burial practices and commemorative rituals, confirming and extending interpretations developed through earlier research at Wanar.
The excavations at Soto revealed an entirely unexpected form of monumental architecture: an elaborate, stepped earthen structure, more than 20 metres in diameter, constructed within a large pit and subsequently enclosed by successive ditches. Associated with a distinctive lyre-shaped standing stone, now displayed at the Musée du Quai Branly in Paris, this remarkable discovery represents a previously undocumented form of funerary monument in West Africa.
Together, these investigations offer a new understanding of the architectural diversity and ritual significance of Senegambian funerary landscapes. By examining the construction, use and transformation of these monuments, the volume contributes to wider discussions of social organisation, commemoration and cultural change in medieval West Africa, during a period encompassing the decline of the Ghana Empire and the emergence of the Mali Empire.
En français
Cet ouvrage collectif rend compte des études et travaux archéologiques menés entre 2017 et 2022 au sein des nécropoles aux ruines mégalithiques de Thiékène-Boussoura, près de Koumpentoum, et de Soto, près de Kaffrine, au Sénégal. Il s’agit d’un volume supplémentaire qui s’ajoute à la monographie publiée en 2024 sur le site mégalithique de Wanar, classé au titre du Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Le caractère novateur des observations réalisées sur le site de Wanar, nécessitait une confirmation par le biais d’études similaires sur d’autres sites archéologiques homologues. Ces nouvelles fouilles furent également l’occasion d’explorer toute la diversité des monuments qui constituent un tel paysage funéraire. Les exemples étudiés sont tous situés à l’ouest de la région de Tambacounda, secteur largement délaissé par les archéologues au cours de ces cinquante dernières années.
La première partie de cet ouvrage traite de l’étude de trois monuments implantés au sein de la nécropole de Thiékène-Boussoura. Il s’agit d’un cercle mégalithique, d’un cercle pierrier et d’un petit tumulus pierrier. Bien que leurs ruines apparaissent de façon très différente au sein des paysages contemporains, ces trois monuments correspondent à d’anciennes maisons funéraires, de plan circulaire et bâtis en pierre au-dessus du sol pour les deux premiers, ou enterrée, de plan quadrangulaire et bâtie en terre crue, pour la troisième. Tous trois furent construis entre le dixième et le treizième siècle de notre ère. Leurs bâtisseurs pratiquaient la métallurgie du fer et du cuivre, et fabriquaient des céramiques dont les formes et les décors ne sont pas si différentes de celles recueillies dans les niveaux les plus anciens de la nécropole de Wanar, une centaine de kilomètres plus à l’ouest. Bien des observations réalisées pour la première fois lors de l’étude de six cercles mégalithiques à Wanar ont ainsi pu être confirmées, et quelques autres précisées : par exemple, les pierres frontales disposées à l’est d’un même monument ont parfois été dressées successivement, dans le cadre des rites commémoratifs de funérailles différées. Quant à la couronne de pierres précédemment dégagée autour de nombreux cercles pierriers, nous avons pu démontrer qu’elle résultait de l’effondrement d’un mur circulaire en pierre sèche. Celui-ci constituait alors la paroi d’une maison funéraire, similaire dans son principe à celles constituées de pierres dressées et probablement coiffées d’un toit en matière périssable. Pour des périodes aussi anciennes, c’est aussi la première fois qu’un bâtiment quadrangulaire en bauge, conservé en élévation, a pu être intégralement dégagé. Seul un petit tumulus surmonté de nodules latéritiques signalait l’emplacement de cette tombe. Dans tous les cas, le statut des défunts dont on retrouve les corps enfouis sous ces monuments, ne cesse d’intriguer.
La seconde partie de l’ouvrage est consacré à l’étude d’un monument singulier et totalement inédit en Afrique de l’Ouest. Là encore, celui-ci n’apparaissait plus dans le paysage que sous la forme d’une petite butte largement étalée et de tout au plus 50 cm de haut. Il s’agit pourtant d’un vaste monument enterré qui mesurait 22 m de diamètre et plus de 2 m de haut. Construit en bauge litée sur le fond d’une large fosse, il se présentait un peu comme une pyramide aux coins arrondis, constituée de 4 à 5 marches étagées. Une petite perle en or a été recueillie à son sommet, dans les niveaux tout à fait superficiels. Ce monument fut ensuite recouvert par des remblais issus du creusement de trois fossés périphériques, creusés successivement et sans doute vers le milieu du 13e siècle de notre ère. Immédiatement à l’est, se tenait une pierre en lyre dont nous avons retrouvé la fosse d’implantation à l’endroit indiqué par les villageois, dont quelques anciens qui avaient assisté à son extraction dans les années 1960. Cette pierre est celle aujourd’hui présent